Simplement
Un moine est assis au bord de son lit.Un moine a oublié d'être heureux aujourd'hui,
Il est seul, immobile, semblant fixer
Un carré de lumière jaune qui gît,
Faible, tremblant, suppliant à ses pieds.Un moine se tient les joues, la tête
Entre ses mains molles en candélabre.
Il n'entend plus la furieuse tempête
Du sang chaud dans ses tempes de marbre.Un moine a perdu son regard de braise,
Il fixe le vide de son âme nue
De ses yeux inertes, mal à l'aise
Dans des paupières douloureuses et tendues.Un moine a entendu se déchirer
La peau brune à l'arrière de son cou.
Ses épaules trapues sont écrasées
Sous le vide de ses pensées de fou.Un moine riche de sagesse et de savoir
S'est écroulé, a failli aujourd'hui.
Parce qu'il a ajouté ses rêves d'Ivoire
Et sa force à un orgueil desserti.
Simplement.
Cédric Gérotle 8 février 1997Première Page Sommaire Editorial Peinture Intermède Théâtre